
23 novembre 2025
Alerte lancée à La Haye
Le dimanche 23 novembre 2025, devant la Cour pénale internationale à La Haye, des manifestants se sont rassemblés pour attirer l’attention sur le rôle de la République islamique d’Iran dans la direction de réseaux armés au Moyen-Orient et au-delà. Dans son discours, Fahimeh Elghami a décrit comment Téhéran, par l’intermédiaire des Gardiens de la révolution (IRGC) et de la Force Al-Qods, projette son influence dans plusieurs pays en soutenant des acteurs armés et idéologiques. Selon elle, il s’agit d’une stratégie organisée, où les structures sécuritaires servent à redessiner les rapports de force dans la région et à mettre les opposants sous pression.
Elle a souligné que cette approche ne se limite pas au territoire iranien. En construisant et en entretenant des réseaux armés, l’Iran cherche, d’après son analyse, à peser sur les zones de conflit et à remettre en cause la stabilité régionale ainsi que les intérêts internationaux. La manifestation à La Haye pose ainsi une question précise : comment les États et les institutions internationales doivent-ils réagir lorsque des structures armées sont entretenues sur la durée et utilisées comme instruments de politique étrangère.
L’Iran, l’IRGC et la Force Al-Qods
Au cœur de l’intervention de Fahimeh Elghami se trouvaient les Gardiens de la révolution et leur Force Al-Qods. Elle a expliqué que ces entités ne sont pas seulement consacrées au contrôle intérieur, mais également à des opérations à l’étranger. Des groupes armés, des alliés idéologiques et des milices reçoivent, selon elle, formation, moyens et soutien politique dans plusieurs zones de conflit du Moyen-Orient.
Dans ce schéma, l’Iran utilise ces acteurs comme prolongement extérieur de sa stratégie de politique étrangère. En facilitant leurs actions, il se constitue un réseau capable d’être mobilisé contre des rivaux régionaux et des intérêts occidentaux. Les conséquences se traduisent en actes de violence, en répression et en intimidation politique. Pour les populations sur place, cela signifie une vie quotidienne marquée par la peur, l’incertitude et une perspective de conflit qui se prolonge d’année en année, de la Syrie au Yémen, en passant par l’Irak.
Alliances avec des mouvements variés
Le discours ne s’est pas limité aux seules milices chiites. Fahimeh Elghami a rappelé que l’Iran entretient aussi des liens idéologiques avec des mouvements comme les Frères musulmans, ainsi qu’avec des organisations issues de diverses traditions religieuses, dont Al-Qaïda. À ses yeux, ces liens sont surtout pragmatiques : ils permettent au régime iranien d’étendre son influence, de soutenir des réseaux extrémistes et d’augmenter sa capacité à menacer des intérêts régionaux et occidentaux.
En recourant à de tels partenariats, les autorités iraniennes montrent, selon elle, que la violence extrémiste ne se réduit pas à une seule étiquette religieuse. Lorsqu’un groupe sert un objectif géopolitique, il peut recevoir un soutien indépendamment de sa doctrine. Pour les populations concernées, cela se traduit par des restrictions sur les libertés, par une pression accrue sur la société civile et par une perspective de conflit qui s’éloigne encore.
Du Moyen-Orient à l’Europe
Une partie essentielle du message de Fahimeh Elghami concernait les conséquences pour l’Europe. Elle a averti que les réseaux décrits se sont déjà implantés sur le continent européen. D’après elle, des structures existent qui facilitent un soutien idéologique, financier et logistique, ce qui réduit la barrière pour d’éventuelles actions.
Il n’est donc plus réaliste, à son avis, de considérer ce phénomène comme un simple problème régional. Lorsque des organisations ayant un passé violent obtiennent une présence durable dans des villes européennes, l’impact est direct pour les habitants. Beaucoup de citoyens européens se demanderont ce que cela signifie pour leur sécurité, leurs institutions et la stabilité de leurs sociétés. Pour Elghami, ignorer cette réalité reviendrait à prendre un risque difficile à justifier vis-à-vis de populations qui attendent une protection de la part de leurs gouvernements.

Appel à la Cour pénale internationale et aux États européens
Devant la Cour pénale internationale, Fahimeh Elghami a formulé une demande précise. Elle a appelé la Cour et les pays européens à reconnaître officiellement les Gardiens de la révolution et les branches violentes au sein des Frères musulmans comme des organisations impliquées dans la violence, la radicalisation et le terrorisme.
Une telle reconnaissance enverrait, selon elle, un signal important aux victimes comme aux auteurs. Elle montrerait que les États et les institutions refusent désormais de laisser perdurer une zone grise où l’organisation de la violence serait tolérée. Une qualification juridique claire pourrait aider à mettre en évidence les circuits financiers, les points d’appui logistiques et les réseaux de soutien. Pour les enquêteurs et les magistrats, cela ouvrirait la voie à une approche plus cohérente de structures qui agissent au-delà des frontières.
Donner une voix aux victimes de la répression et de la violence politique
Dans un passage plus personnel, Fahimeh Elghami s’est tournée vers celles et ceux qui subissent directement les réseaux qu’elle décrit. Elle a évoqué les victimes de la répression des régimes, les personnes confrontées à la violence politique et des populations entières qui, selon ses mots, se sentent prises en otage par des acteurs armés qui ne défendent ni la paix, ni la liberté, ni la dignité humaine.
La manifestation de La Haye a été présentée comme une tentative de rendre ces voix audibles. Lorsque les institutions internationales détournent le regard, les victimes restent sans reconnaissance et sans perspective de justice. En portant ce sujet sur la place publique, les organisateurs espèrent que ces personnes ne devront plus assister en silence à la progression de réseaux armés qui façonnent leur quotidien.
Pas de paix sans droit et sans vérité
En clôture de son discours, Fahimeh Elghami a mis en avant le lien entre paix, droit et vérité. Sans droit, il ne peut pas y avoir de paix durable, et sans vérité, aucune justice crédible n’est possible. Dans cette logique, il est indispensable de désigner clairement les acteurs responsables de la violence et de la radicalisation.
Selon elle, les faits concernant le rôle de l’IRGC, de la Force Al-Qods et des réseaux qui leur sont liés sont connus depuis des années des observateurs de la région. La question ouverte est de savoir si les institutions internationales et les États sont prêts à en tirer les conséquences. À cet égard, ses propos à La Haye s’adressaient non seulement aux juristes et aux diplomates, mais aussi aux citoyens européens qui attendent de leurs gouvernements une réponse cohérente à des menaces sécuritaires qui prennent naissance loin des frontières, tout en se faisant sentir dans la vie quotidienne.
Dans son discours à La Haye, Fahimeh Elghami trace un lien direct entre la violence au Moyen-Orient et la sécurité en Europe. Elle décrit des réseaux armés associés à l’Iran, à l’IRGC et à des partenaires idéologiques comme les Frères musulmans et Al-Qaïda, et elle affirme que ces structures sont déjà présentes sur le territoire européen. Ce constat donne un poids particulier à son appel à la Cour pénale internationale et aux États européens : soit ces organisations sont reconnues comme responsables de violence et de radicalisation, soit la situation actuelle se poursuit avec des risques prévisibles. La manifestation de La Haye montre comment des victimes de la répression et de la violence politique tentent de faire entendre leur expérience, dans l’espoir que des institutions créées au nom du droit et de la vérité traduisent enfin ces principes en décisions concrètes.
Sources :
Discours de Fahimeh Elghami lors de la manifestation devant la Cour pénale internationale à La Haye, 23 novembre 2025
Informations de presse des organisateurs de la manifestation devant la Cour pénale internationale à La Haye
Andy Vermaut +32499357495
