
19 décembre 2025
Devant le Parlement européen à Bruxelles, des organisations européennes et internationales de défense des droits humains ont rejoint, le vendredi 19 décembre 2025, plusieurs militants des réseaux sociaux issus de l’Union européenne pour une action journalistique. Les participants ont indiqué vouloir attirer l’attention sur la situation des droits humains au Soudan ainsi que sur des signalements concernant l’usage d’armes chimiques contre des civils par les Forces armées soudanaises, tels qu’ils estiment les avoir vus récemment mentionnés dans des reportages.
Les initiateurs ont présenté l’action comme la poursuite de mobilisations antérieures en Europe. Ils ont relié leur message à des reportages de France 24 et d’Euronews qui, selon leur lecture et en lien avec des membres du réseau EUB, montreraient des signaux indiquant le recours à des agents chimiques contre des civils. Le chlore gazeux est cité explicitement. La demande centrale reprise aujourd’hui à Bruxelles était que l’Union européenne et les partenaires internationaux exercent une pression pour faire cesser l’utilisation de tels agents, tout en avançant vers un cessez-le-feu, un plan de paix et un accès à l’aide humanitaire.

Photo Frédéric Mathot
Des chiffres qui structurent le débat
Les participants ont inscrit leur appel dans le contexte d’une urgence humanitaire qui, selon leur communication, se situe à une échelle difficile à ignorer. Ils évoquent plus de 150 000 morts. Ils mentionnent également une crise de la faim touchant plus de 25 millions de personnes et un déplacement de plus de 14 millions de personnes.
Dans le même esprit, les initiateurs estiment que le conflit reste trop souvent hors champ en Europe, alors que ses conséquences pèsent sur le quotidien des civils. Ils indiquent aussi que l’action vise à mieux informer les jeunes en Europe et au-delà sur l’ampleur de la crise et sur la manière dont celle-ci se répercute sur la migration, la sécurité et l’aide humanitaire.
Acteurs régionaux et soutien militaire
Andy Vermaut, journaliste et défenseur des droits humains, a relié la situation au Soudan au rôle de pays de la région. Il a déclaré que, selon lui, l’Égypte apporte un soutien aux Forces armées soudanaises et que ce soutien contribue à prolonger la dynamique de violence. Dans le même passage, il a évoqué plus de deux millions de personnes qui, d’après les informations fournies, se seraient réfugiées en Égypte.
Vermaut a également mis l’accent sur l’Iran, qui, selon sa déclaration, soutiendrait l’armée par des drones et des armes. La Turquie et le Qatar ont aussi été cités comme des pays qui, selon lui, contribuent à la poursuite du conflit via des livraisons d’armements ou par leur influence. Dans son propos, il a étendu ce raisonnement aux signalements relatifs à des agents chimiques, en citant le chlore gazeux comme exemple concret et Khartoum comme lieu mentionné.

Photo Frédéric Mathot
Analyse et devoir d’agir
Sadaf Daneshizadeh, représentante de Prosperous Iran, a indiqué que le conflit ne peut pas être considéré uniquement comme une crise interne. Elle a fait référence à une dynamique régionale plus large ainsi qu’à des acteurs externes qui, selon elle, exercent une influence indirecte mais réelle. Dans sa contribution, l’Iran a été mentionné en lien avec une coopération militaire et le transfert de capacités telles que des systèmes de drones, qui, selon elle, prolongent la violence et accentuent la pression sur la situation humanitaire.
Manel Msalmi, militante des droits des femmes et conseillère en droits humains au Milton Friedman Institute, a rattaché les reportages cités à une responsabilité plus large. Selon ses mots, il s’agit de protéger la dignité et les droits des civils, où qu’ils vivent. Elle a appelé à continuer de suivre la situation et à ne pas se taire lorsqu’il existe des signaux de dégradation et des risques supplémentaires pour les civils.

Photo Frédéric Mathot
À la fin de l’action, les participants ont réitéré leur appel commun : un cessez-le-feu immédiat, un plan de paix opérationnel sur le terrain et un accès garanti à l’aide humanitaire, à la nourriture et à un abri. Leur message place également la crise du déplacement au centre, en posant la question de savoir combien de temps la décision internationale peut rester en décalage avec des besoins déjà visibles aujourd’hui.
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