


03/04/2025
Lors d’une manifestation vibrante sur la place du Conseil des droits de l’homme à Genève, près de la célèbre chaise brisée, Ramon Rahangmetan, cofondateur de Circle of Sustainable Europe, a livré un discours percutant. Devant ce symbole de paix fracturée, il a dénoncé la souffrance incessante des civils soudanais, aggravée par l’usage d’armes chimiques par l’armée nationale. Ce n’est pas un simple scandale, mais une violation criante du droit international, a-t-il martelé avec conviction.
Racines historiques du drame au Darfour
Le conflit au Soudan a pris racine en 2003, lorsque des groupes rebelles du Darfour se sont dressés contre un gouvernement central accusé de négligence systématique. Ramon Rahangmetan a retracé ce passé tumultueux, marqué par une répression brutale soutenue par les milices Janjaweed. Des centaines de milliers de vies ont été fauchées, des millions déplacés. En 2016, Amnesty International a mis en lumière des attaques chimiques à Jebel Marra, tuant environ 250 personnes, dont beaucoup d’enfants, avec des symptômes atroces : vomissements sanglants, brûlures, asphyxie. Ces horreurs, a-t-il noté, s’inscrivent dans une histoire plus longue de division, héritée des politiques coloniales britanniques qui ont fragmenté le Soudan dès le 19e siècle.
Armes chimiques défient des siècles de droit



L’usage d’armes chimiques n’est pas une aberration moderne isolée. Ramon Rahangmetan a rappelé que leur interdiction remonte au Protocole de Genève de 1925, renforcé par la Convention sur les armes chimiques de 1993, signée par 193 nations. Ces lois, nées des tranchées empoisonnées de la Grande Guerre, visent à protéger l’humanité. Pourtant, au Soudan, ce passé tragique se répète. Avec son héritage moluquois, façonné par des siècles d’oppression coloniale, Rahangmetan a qualifié cela de crime contre l’humanité, une insulte à des décennies de progrès juridique.



Un appel à la paix ancré dans l’histoire
Mais Ramon Rahangmetan ne s’est pas arrêté à la dénonciation. Il a plaidé pour une paix durable, tirant des leçons des silences coupables du passé – comme face au génocide rwandais ou aux premières années du Darfour. Enquêtes indépendantes, sanctions, aide humanitaire : l’action est impérative, a-t-il insisté. Les Soudanais méritent un avenir, tout comme les Moluquois ont surmonté leur propre histoire. “Nos actes définissent notre humanité,” a-t-il conclu avec force.
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