• 9 december 2025 7:47 AM

23 novembre 2025

Le discours de Dr. Julio Levit Koldorf à la Cour pénale internationale

Le dimanche 23 novembre 2025, devant la Cour pénale internationale à La Haye, Dr. Julio Levit Koldorf a pris la parole lors d’une manifestation consacrée aux menaces liées au jihadisme, à l’islamisme et à l’antisémitisme. Il a comparé les civilisations à des trajectoires humaines, avec des phases de croissance, de maturité et de déclin, et a estimé que le monde islamique se trouve encore dans une phase où l’équilibre entre religion, pouvoir et droit reste fragile.

Dr. Julio Levit Koldorf a rappelé que les premiers siècles de l’expansion islamique ont été marqués par des conquêtes rapides et des guerres qui ont contribué à la disparition de larges pans du christianisme oriental. Par la suite, le monde islamique est devenu un centre de savoir dans des domaines comme la philosophie, la médecine ou l’astronomie, mais il n’a pas produit, selon lui, de textes fondateurs comparables à la Bill of Rights anglaise, à la Constitution américaine ou à la Déclaration des droits de l’homme issue de la Révolution française. Il a souligné qu’il n’existe toujours pas, dans une grande partie des pays à majorité musulmane, de séparation nette entre le religieux et le politique.

Des mouvements jihadistes à une campagne idéologique contre l’Occident

Dans son analyse, Dr. Julio Levit Koldorf voit dans le jihadisme une forme de régression au sein de la civilisation islamique. Il a cité des mouvements comme les Frères musulmans, ISIS, le Hezbollah, Al-Qaïda et le Hamas comme exemples d’une idéologie qui mobilise le langage religieux pour justifier la violence.

Pour Dr. Julio Levit Koldorf, il ne s’agit pas d’incidents isolés, mais d’une campagne de longue durée dirigée contre la civilisation judéo-chrétienne et contre les sociétés occidentales en général. Il a décrit un courant salafiste radical soutenu par des armes venues d’Iran et par des financements en provenance du Qatar, utilisant la cause palestinienne comme prétexte pour viser la destruction d’Israël et la déstabilisation de sociétés européennes qualifiées d’apostates ou corrompues. Selon lui, cette dynamique représente un danger pour tous, musulmans comme non-musulmans, puisque tout individu qui ne s’inscrit pas dans ce cadre idéologique peut être désigné comme ennemi.

Islamisme en Europe et angles morts politiques

Dr. Julio Levit Koldorf s’est ensuite penché sur la situation en Europe occidentale. Il a expliqué que des idées islamistes ont pénétré le débat public et se retrouvent parfois aux côtés de mouvements de gauche qui, en principe, défendent la démocratie, les droits humains, les droits des femmes et l’égalité des personnes LGBTQ+. À ses yeux, il s’agit d’une contradiction lorsque des acteurs politiques se réclamant du progrès apportent un soutien à une idéologie qui remet en cause ces mêmes valeurs.

Il a évoqué des attentats survenus à Madrid, Barcelone, Paris, Londres, Bruxelles et Berlin, ainsi que des données indiquant plus d’une centaine d’attaques jihadistes en Europe au cours des dix dernières années. Pour Dr. Julio Levit Koldorf, ces chiffres révèlent une crise idéologique dans les sociétés occidentales, où certaines voix sous-estiment les conséquences de leurs prises de position et laissent un espace que des réseaux radicaux peuvent exploiter.

Un antisémitisme islamique comme point de convergence d’anciens stéréotypes

Une partie importante du discours de Dr. Julio Levit Koldorf a été consacrée à ce qu’il nomme l’antisémitisme islamique. Il l’a décrit comme une construction qui agrège des formes antérieures d’antisémitisme de droite, de gauche et d’inspiration religieuse. Le résultat est, selon lui, un récit simplifié où les Juifs sont présentés comme cibles d’une colère divine, comme imposteurs qui ne seraient pas ce qu’ils prétendent, comme détenteurs cachés du pouvoir politique et financier et comme auteurs d’un génocide dans le présent.

Parce que ce récit est très simple, Dr. Julio Levit Koldorf le juge particulièrement efficace. Il a estimé qu’il touche des segments de l’extrême droite comme de l’extrême gauche et qu’il circule largement dans des mouvements sociaux et dans le débat médiatique. De ce fait, l’antisémitisme ne reste pas cantonné à une minorité, mais influe sur la manière dont les sociétés parlent de démocratie, de minorités et d’État de droit.

Nostra aetate, accords d’Abraham et perspectives de réforme

Pour montrer qu’une évolution est possible au sein des traditions religieuses, Dr. Julio Levit Koldorf a évoqué le document Nostra aetate du concile Vatican II, adopté en 1965, qui redéfinit la relation de l’Église catholique avec les autres religions. Il a rappelé que ce texte rejette explicitement l’idée de culpabilité collective des Juifs et reconnaît les racines communes du christianisme et du judaïsme.

Dr. Julio Levit Koldorf a également mentionné les accords d’Abraham, par lesquels plusieurs États du Golfe ont engagé un rapprochement diplomatique avec Israël et une coopération accrue en matière de sécurité et d’économie. Selon lui, ces pays, qui cherchent à moderniser leurs sociétés, mettent depuis des années en garde leurs partenaires occidentaux contre les courants islamistes radicaux. Pourtant, dans de nombreuses capitales occidentales, la portée de ces accords se voit parfois réduite ou négligée en raison du rejet de figures politiques comme Donald Trump ou Benjamin Netanyahou.

Appel à des principes clairs et à la séparation entre religion et pouvoir politique

En conclusion, Dr. Julio Levit Koldorf a plaidé pour que les sociétés occidentales et les grandes puissances du monde islamique soutiennent les voix qui appellent à la réforme, à des institutions démocratiques solides et à une séparation nette entre le religieux et le politique.

Il a invité les gouvernements occidentaux à renoncer aux politiques d’accommodement qui, selon lui, ont favorisé la progression de mouvements jihadistes et ont affaibli la confiance dans les valeurs de l’Occident lui-même. Dr. Julio Levit Koldorf a défendu une défense plus explicite des droits humains et de la démocratie et une attitude plus ferme à l’égard des idéologies totalitaires qui cherchent à étendre leur influence sous couvert de religion. Pour lui, le choix est clair, même s’il est difficile : soit les sociétés protègent activement les fondements de l’État de droit, soit elles laissent ces fondements s’éroder au fil du temps.

Sources :
Discours de Dr. Julio Levit Koldorf lors de la manifestation devant la Cour pénale internationale à La Haye, 23 novembre 2025

Andy Vermaut +32499357495