• 9 december 2025 8:31 AM

23 novembre 2025

Discours à la Cour pénale internationale de La Haye

Devant la Cour pénale internationale à La Haye, le dimanche 23 novembre 2025, Ramon Rahangmetan a exposé la manière dont les pays européens tentent de faire face aux réseaux islamistes politiques. Ramon Rahangmetan, défenseur des droits humains bien connu et notamment associé à Circle of Sustainable Europe, a d’emblée précisé que ses propos ne visent ni l’islam en tant que religion, ni les musulmans vivant en Europe. Sa préoccupation porte sur des mouvements politiques organisés qui utilisent la religion comme étiquette et qui, selon plusieurs analyses de sécurité, mettent à l’épreuve les équilibres démocratiques.

Ramon Rahangmetan a rappelé que les citoyens musulmans font pleinement partie de la vie économique et sociale du continent et qu’ils ont tout intérêt à des institutions solides et prévisibles. Les structures qu’il décrit se présentent comme des initiatives religieuses, mais poursuivent en réalité des objectifs politiques et cherchent progressivement à occuper des positions dans l’éducation, les associations et certains organes consultatifs locaux.

Signaux dans plusieurs pays européens

Dans son intervention, Ramon Rahangmetan s’est appuyé sur des rapports publics et des travaux parlementaires menés dans différents États européens. En Allemagne, par exemple, plusieurs centaines de personnes sont liées à des organisations inspirées par les Frères musulmans, les services de sécurité s’intéressant surtout à la construction lente de l’influence plutôt qu’uniquement aux formes d’extrémisme ouvert.

Ramon Rahangmetan a également évoqué des enquêtes en France et en Autriche portant sur des associations, fondations et institutions religieuses où des courants islamistes politiques occupent un rôle central dans la direction, le financement ou l’orientation idéologique. Ces chiffres ne prouvent pas à eux seuls des infractions pénales, mais ils montrent une certaine ampleur, une organisation structurée et des schémas observables au-delà des frontières nationales.

Effets quotidiens dans les villes néerlandaises et belges

Ramon Rahangmetan a ensuite déplacé le regard vers la réalité quotidienne dans des villes des Pays-Bas et de Belgique. Il a décrit les témoignages d’enseignants et d’animateurs de jeunesse qui constatent des programmes centrés presque exclusivement sur la propre base, où les jeunes sont peu encouragés à participer à des activités plus ouvertes. Dans certains cours supplémentaires ou cercles d’étude, des valeurs européennes sont présentées comme moralement suspectes ou en contradiction avec la foi.

Ces évolutions font rarement la une des journaux, mais elles modifient progressivement l’atmosphère dans les salles de classe, les maisons de quartier et les petites associations. D’après Ramon Rahangmetan, c’est à ce niveau que se produisent des changements discrets : des parents hésitent à intervenir, des jeunes se retirent d’activités mixtes, des responsables locaux ne savent plus très bien à quels partenaires se fier. C’est ainsi que la confiance dans l’État de droit peut se fragiliser sans fracas.

Une stratégie d’influence plutôt que la violence directe

Un élément central dans l’analyse de Ramon Rahangmetan est que les réseaux islamistes politiques cherchent avant tout à exercer une influence durable plutôt qu’à recourir à des actes de violence immédiats. Ils agissent en grande partie dans le cadre de la loi, construisent des réseaux patiemment et tentent, sur le long terme, de faire évoluer les normes et les attentes au sein de la société.

Dans cette perspective, explique Ramon Rahangmetan, il se crée une forme de pouvoir parallèle à côté des institutions de l’État de droit. Les jeunes, les organisations locales et parfois même des responsables politiques entrent en contact avec des acteurs qui se présentent comme partenaires de dialogue et d’intégration, tout en poursuivant une stratégie politique propre. Cette situation rend la réponse des pouvoirs publics particulièrement délicate, puisque les règles juridiques sont formellement respectées alors que les intentions de fond suivent une autre direction.

Financements peu transparents et influence étrangère

Ramon Rahangmetan a accordé une attention particulière aux questions de financement étranger. Il a cité des exemples de fondations et d’associations situées dans des villes européennes qui reçoivent des sommes importantes d’organisations établies à l’étranger, notamment dans la région du Golfe. Tous ces flux financiers ne posent pas problème, mais lorsque l’argent est lié à des objectifs politiques, il soulève, selon lui, une interrogation légitime.

Les questions qu’il formule sont simples : qui fixe la ligne d’un centre ou d’une association lorsque l’essentiel des ressources provient de l’extérieur de l’Europe ? Qui choisit les intervenants, les supports pédagogiques et les priorités des programmes destinés aux jeunes ? Tant que l’origine et les conditions des financements ne sont pas clairement connues, il reste difficile pour le public de savoir qui exerce réellement une influence sur ces structures.

Règles claires et application cohérente

Ramon Rahangmetan a esquissé une approche européenne qui cherche à concilier deux objectifs : la protection des libertés fondamentales et la défense de l’ordre démocratique. Les idées et les convictions ne sont pas punissables en soi, a-t-il rappelé, mais certains actes peuvent l’être.

C’est pourquoi Ramon Rahangmetan plaide pour des règles précises en matière de financement étranger. Les dons importants versés à des institutions religieuses ou culturelles devraient, selon lui, être rendus publics, afin que les autorités locales et les citoyens sachent quelles organisations fonctionnent avec quels moyens. Il appelle également à un contrôle renforcé des structures qui souhaitent peser sur l’éducation, le travail de jeunesse ou les décisions locales, sans pour autant limiter la pratique religieuse en tant que telle. Là où des financements illégaux ou un soutien à des activités extrémistes sont établis, des poursuites et des sanctions doivent suivre, dans le respect des garanties procédurales habituelles.

Jeunesse, éducation et coopération européenne

Ramon Rahangmetan a insisté sur le rôle de l’école et de l’éducation. Les jeunes devraient, selon lui, apprendre à interroger les sources, à examiner les arguments et à poser des questions critiques y compris au sein de leur propre environnement. Dans des villes comme Amsterdam, Anvers, Lyon, Berlin ou Vienne, ils ont droit à des espaces où des points de vue variés peuvent s’exprimer et où ils sont encouragés à formuler leur propre jugement.

Il a enfin appelé à une coopération plus étroite entre les États européens. Les réseaux islamistes politiques ne se limitent pas à un seul territoire et tirent parti des différences de législation et de contrôle. Lorsqu’une organisation est mise sous pression dans un pays, elle peut transférer une partie de ses activités vers un autre. En échangeant des informations, des expériences d’enquête et des stratégies juridiques, les États membres peuvent éviter que des failles nationales ne se transforment en fragilités durables pour l’ensemble de l’Union.

Protéger les musulmans et l’État de droit

En conclusion, Ramon Rahangmetan a résumé son message autour d’une idée simple : la protection plutôt que la division. Des exigences de transparence plus strictes, un meilleur contrôle et des actions judiciaires ciblées visent, selon lui, en premier lieu à protéger les citoyens musulmans qui ne souhaitent pas être associés à des projets islamistes politiques et qui veulent simplement vivre en liberté.

Ramon Rahangmetan souligne qu’eux aussi peuvent subir des pressions lorsque des mouvements politiques utilisent la religion pour exercer un contrôle dans les quartiers, les associations ou les familles. Par des enquêtes factuelles, un débat ouvert et une application cohérente du droit, les sociétés européennes peuvent à la fois garantir les droits des croyants et empêcher qu’une organisation politique ne modifie progressivement, de l’intérieur, les règles du jeu démocratique.

Sources :
Discours « Europe’s Approach to Political Islamist Networks – ICC The Hague » de Ramon Rahangmetan, 23 novembre 2025
Informations de presse relatives à la manifestation devant la Cour pénale internationale à La Haye

Andy Vermaut +32499357495