
27 mars 2026
Le vendredi 27 mars 2026, de 12h00 à 15h30, à Genève, lors de la 61e session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, le Baloch National Movement a organisé l’événement « Baluchistan: 78 Years of Occupation, Human Rights Abuses and Failure of International Accountability ». Au cours de cette rencontre, la situation au Baloutchistan, la responsabilité internationale face aux violations des droits humains et les arrestations récentes d’Imaan Mazari et de Hadi Ali Chattha ont été réunies au cœur des échanges. L’événement a rassemblé des intervenants issus du monde politique, du journalisme, du milieu académique, du plaidoyer international et de la défense des droits humains.
Le Baloutchistan au centre des échanges
Au cours de l’événement, le Baloutchistan a été présenté comme un dossier marqué par soixante-dix-huit années d’oppression, de brutalité, de génocide, de négation de l’identité nationale et d’exploitation des ressources naturelles. Le Dr Naseem Baloch, président du Baloch National Movement, a déclaré que les Baloutches vivaient dans la soumission en tant que peuple, en tant qu’individus et en tant que nation. Il a lié cela directement à l’exigence de liberté pour le Baloutchistan et a présenté cette liberté comme un droit fondamental sur leur propre terre ainsi qu’un droit des générations futures.
Dans son intervention, il a prolongé cette ligne d’analyse en l’appliquant à la situation actuelle. Il a parlé de jeunes hommes et femmes torturés dans des centres de détention non officiels, de personnes mourant en détention et de corps mutilés restitués aux familles. Il a également évoqué des mères attendant pendant des années, sur le seuil de leur porte, des enfants qui ne sont jamais revenus. Dans ce contexte, il a mis l’accent sur les disparitions forcées, les exécutions extrajudiciaires, les châtiments collectifs et l’exploitation des ressources naturelles au Baloutchistan. Il a affirmé que de tels actes ne relevaient pas d’affaires intérieures, mais constituaient des violations du droit international, et il a appelé à des enquêtes indépendantes et transparentes sur ce qu’il a qualifié de crimes de guerre.
Les arrestations d’Imaan Mazari et de Hadi Ali Chattha
Un volet important de la rencontre a porté sur les arrestations récentes d’Imaan Mazari et de Hadi Ali Chattha. Le Dr Naseem Baloch a présenté leur situation comme un exemple de la pression exercée sur celles et ceux qui défendent les droits fondamentaux et prennent la parole pour les personnes réduites au silence. Il a déclaré qu’Imaan Mazari, en tant qu’avocate, s’était à plusieurs reprises engagée en faveur de la justice et avait soutenu les dossiers de Baloutches disparus, donnant ainsi une voix à des familles restées longtemps sans être entendues.
Au cours de l’événement, il a été affirmé qu’Imaan Mazari et Hadi Ali Chattha subissaient eux-mêmes des épreuves parce qu’ils s’étaient exprimés publiquement et avaient défendu des droits fondamentaux. Leur situation a été reliée à des préoccupations plus larges concernant la protection des droits humains et la liberté d’expression. Dans cette logique, l’événement a demandé leur libération immédiate.
Modération et structure du programme
L’événement a été modéré par Mahra Baloch et Salim Baloch. Ils ont conduit un programme centré sur les droits humains, la responsabilité internationale et la place du Baloutchistan dans des tensions régionales et internationales plus larges. Il s’agissait d’un programme de l’après-midi dans lequel plusieurs voix se sont succédé, chacune apportant, depuis son propre parcours, une contribution au même enjeu central.
Cette structure a donné à l’événement un profil large. Il n’a pas seulement réuni des intervenants baloutches, mais aussi des représentants d’autres peuples opprimés, des journalistes, des universitaires, des organisations internationales et des personnes disposant d’une expérience dans des cadres liés aux Nations unies. Cela a donné à la rencontre une portée politique et une dimension liée aux droits humains bien plus larges.
Des intervenants issus des droits humains et de la politique
Sherbaz Khan a participé en tant qu’activiste social et politique, défenseur des droits humains et représentant du Workers Party Gilgit Baltistan. Gary Cartwright est intervenu en tant qu’éditeur et rédacteur en chef de EU Today et ancien conseiller de membres britanniques du Parlement européen entre 2004 et 2014. Il a également apporté son expérience acquise au sein de diverses campagnes politiques au Royaume-Uni et aux États-Unis.
Hatim Baloch a pris part à l’événement en tant que coordinateur de Paank, le département des droits humains du Baloch National Movement. Son travail a été associé, pendant l’événement, à la mise en lumière des disparitions forcées, des exécutions extrajudiciaires, des opérations militaires et d’autres violations des droits humains au Baloutchistan. Le Dr Hidayat Bhutto est intervenu en tant qu’organisateur pour le Royaume-Uni et l’Europe du World Sindhi Congress et défenseur du peuple sindhi sur des forums internationaux, y compris aux Nations unies, où il était actif depuis plus de vingt ans.
Mercè Monje Cano a participé en tant que secrétaire générale de l’Unrepresented Nations and Peoples Organization, un réseau international rassemblant plus de quarante peuples et communautés marginalisés et non représentés. Son travail a été lié, pendant l’événement, aux droits humains, à l’autodétermination et au soutien aux communautés confrontées à la répression et à l’exclusion. Ses contacts avec les organes des Nations unies, les organisations de la société civile et les décideurs politiques ont également donné davantage de poids à son intervention.
Des voix internationales et juridiques
Ana Lorena Delgadillo est intervenue par vidéo. Elle a participé en tant que membre du Groupe de travail des Nations unies sur les disparitions forcées ou involontaires et en tant qu’avocate mexicaine spécialisée dans les droits humains, avec plus de vingt ans d’expérience en matière de droits des femmes, de droits des migrants, de disparitions, de féminicides, de système de justice pénale, d’indépendance de la justice, de militarisation et de sécurité publique. Pendant l’événement, son travail a également été replacé dans le contexte de sa contribution à la législation, aux politiques publiques et à la reconnaissance des victimes de graves violations des droits humains au Mexique et en Amérique centrale, en particulier dans les affaires marquées par l’impunité et l’absence d’État de droit.
Andy Vermaut a participé en tant qu’ambassadeur du Pacte européen pour le climat, journaliste d’investigation et défenseur des droits humains. Pendant l’événement, son travail a été associé à la mise en lumière des disparitions forcées et de la répression numérique, ainsi qu’à ses interventions régulières aux Nations unies à Genève. Saqlain Imam est intervenu comme journaliste et ancien présentateur et éditeur de programmes au BBC World Service, service ourdou. Il a ainsi apporté une solide expérience journalistique à un débat fortement centré sur les droits et la responsabilité politique.
Une contribution politique et académique
Manzoor Pashteen a participé par téléphone. Il a été présenté dans le programme comme le dirigeant du Pashtun Tahafuz Movement et comme une voix ferme contre les disparitions forcées et les exécutions extrajudiciaires visant la nation pachtoune. Le Dr Ayesha Siddiqa est intervenue en tant que senior fellow au Department of War Studies du King’s College London et autrice de deux ouvrages, dont Military Inc, Inside Pakistan’s Military Economy. Elle a ainsi apporté une perspective académique et analytique à la discussion.
Sardar Akhter Mengal a participé par vidéo. Il est intervenu en tant que président du Balochistan National Party, ancien Chief Minister et ancien membre de l’Assemblée nationale du Pakistan. Son rôle pendant l’événement a été lié à son engagement de longue date en faveur des droits des Baloutches dans le cadre de la politique parlementaire pakistanaise et à son plaidoyer pour une issue pacifique et démocratique à la crise au Baloutchistan.
Un message politique de clôture
L’intervention de clôture est revenue au Dr Naseem Baloch. Pendant l’événement, il a déclaré que les Baloutches ne demandaient pas des privilèges, mais la justice et le droit à la liberté nationale tel qu’il est inscrit dans la Charte des Nations unies. Il a affirmé que les Baloutches répondaient aux principes et aux normes de ce droit. Dans le même temps, il a averti que le silence renforce l’oppresseur et rend les opprimés encore plus vulnérables. Selon lui, la poursuite du silence ne constituerait pas seulement un échec pour le peuple baloutche, mais aussi pour la conscience de l’humanité.
En liant, au cours d’une même rencontre, l’accusation historique de soixante-dix-huit années d’occupation aux arrestations actuelles d’Imaan Mazari et de Hadi Ali Chattha, l’événement a pris une portée directe et immédiate. À Genève, il n’a pas seulement été question d’un long combat politique, mais aussi de cas très concrets de personnes qui paient aujourd’hui le prix de leur prise de parole. C’est précisément ce lien qui a donné à la rencontre une importance particulière. Un sujet qui continuera d’être suivi aujourd’hui sur indegazette.be.
Balochistan, Genève, Dr Naseem Baloch, Imaan Mazari, Hadi Ali Chattha, Conseil Des Droits De L’Homme, BNM, Disparitions Forcées, Andy Vermaut, Mercè Monje Cano
Sources:
Chairman speech
Moderator script
Baloch National Movement
Andy Vermaut +32499357495
