
24 novembre 2025
Manifestation devant la Cour pénale internationale à La Haye
Le dimanche 23 novembre 2025, des manifestants se sont rassemblés devant la Cour pénale internationale à La Haye. Au cœur du programme figurait le discours de l’ancien député néerlandais Harry Van Bommel, venu plaider pour une interdiction internationale des Frères musulmans. Dans son intervention, il s’est adressé directement à la Cour pénale internationale et à l’Union européenne en appelant à une position juridique claire vis-à-vis de ce mouvement. Le message était conçu pour dépasser le seul cadre néerlandais et toucher le débat européen.
La manifestation était limitée en taille, mais le cadre choisi n’était pas anodin. La place devant la Cour servait de décor à une discussion sur la manière dont les États définissent leurs limites face à des mouvements religieux qui poursuivent des objectifs politiques. Pour le public présent, il s’agissait d’un moment où des sujets habituellement confinés aux rapports d’experts en sécurité et aux commissions parlementaires se retrouvent en pleine rue.
Slogan et vision des Frères musulmans
Dans son discours, Harry Van Bommel a rappelé le slogan bien connu des Frères musulmans, « Islam is the solution ». Selon lui, cette formule résume une vision qui présente l’islam non seulement comme une croyance personnelle, mais comme base de l’organisation politique, sociale et économique. Il a rappelé que cette manière de voir joue un rôle depuis de nombreuses années dans une grande partie du monde arabe.
Il a également souligné que cette approche a des conséquences dès lors qu’une organisation cherche de manière active à exercer une influence sur les institutions, l’enseignement, les associations et, à terme, sur la législation. C’est précisément ce point qu’il a voulu mettre au centre de la discussion à La Haye : jusqu’où les démocraties peuvent-elles accepter l’influence d’un mouvement religieux qui affiche des ambitions politiques structurées ?
Expérience du Royaume d’Arabie saoudite
Une partie importante de l’intervention reposait sur une expérience récente de Harry Van Bommel. Il a évoqué son voyage au Royaume d’Arabie saoudite, pays avec deux villes saintes et une tradition religieuse ancienne. Là-bas, a-t-il expliqué, les autorités considèrent les Frères musulmans comme une organisation dangereuse. Elles connaissent l’histoire du mouvement, ses méthodes et l’impact potentiel sur la stabilité du pays.
Harry Van Bommel a opposé cette expérience à la perception qui domine encore dans plusieurs pays occidentaux, où les Frères musulmans sont parfois vus comme un acteur parmi d’autres dans la vie publique. Il a posé la question de savoir pourquoi les enseignements tirés au Moyen-Orient restent si peu présents dans les débats politiques européens, alors même que ces sociétés disposent d’une longue expérience face à la stratégie du mouvement.

Stratégie à long terme et réseaux internationaux
Au centre de son discours, Harry Van Bommel a décrit les Frères musulmans comme un mouvement doté d’un projet à long terme. Selon lui, l’objectif est une islamisation complète de la société, portée par la promotion progressive d’un ordre juridique inspiré par la religion à l’échelle internationale. La foi est présentée comme norme ultime, appelée à orienter la législation et les grandes décisions politiques.
Il a fait référence à des analyses qui décrivent ce projet comme un plan en plusieurs étapes, allant de la formation idéologique à la présence dans des structures sociales et religieuses, puis à la participation politique. Depuis des décennies, le mouvement utilise les médias et de nombreux canaux de communication pour diffuser ses idées. Il a ainsi construit, d’après son exposé, un réseau qui dépasse les frontières nationales et cherche à imposer une même orientation dans des contextes très différents.
Rapport français et rôle du service de renseignement néerlandais
Pour donner une dimension concrète à son argumentation, Harry Van Bommel a évoqué un rapport récent en France. Ce rapport, a-t-il résumé, décrit comment les Frères musulmans ont pris pied au sein de structures sociales, religieuses et politiques. Le mouvement y chercherait à orienter, depuis l’intérieur, les positions et les choix de certaines organisations. L’objectif final serait d’obtenir un soutien durable dans les quartiers, les villes et ensuite au niveau national.
Il a également cité les rapports publics du service de renseignement néerlandais, qui mettent en garde contre les effets possibles des activités des Frères musulmans sur l’État de droit démocratique. Selon ces analyses, la mouvance devrait rester sous surveillance permanente, justement parce que la stratégie décrite ne se limite pas à un seul pays mais concerne plusieurs régions à la fois.
Appel à la Cour pénale internationale et à l’Union européenne
En conclusion, Harry Van Bommel est revenu sur la signification du lieu choisi pour la manifestation. Devant la Cour pénale internationale, associée dans le monde entier aux poursuites contre les crimes les plus graves, il a appelé à considérer les Frères musulmans comme une organisation terroriste et à engager un processus vers une interdiction. Il a relié cet appel directement à l’Union européenne, invitée à prendre des mesures coordonnées face à ce type de mouvement.
Selon lui, les participants ne se font pas d’illusions sur la rapidité des décisions, mais ils souhaitent maintenir la pression. Le message adressé aux institutions était qu’une démocratie doit réfléchir à la manière de protéger ses principes lorsque des organisations utilisent les libertés existantes pour faire avancer un autre ordre politique et social. Pour les lecteurs d’indegazette.be, cette scène à La Haye illustre la manière dont des expériences tirées du Moyen-Orient, des rapports de renseignement et des analyses politiques se rejoignent sur une place publique devant une institution internationale.
Discours de Harry Van Bommel devant la Cour pénale internationale à La Haye, 23 novembre 2025
Andy Vermaut +32499357495
