• 8 februari 2026 2:31 AM

27 décembre 2025

La situation politique et militaire dans le sud du Yémen est devenue un facteur déterminant pour la stabilité régionale et la sécurité des voies de navigation internationales. La quête d’un État indépendant dans le sud n’est plus une simple volonté politique mais s’appuie désormais sur des institutions établies, un contrôle territorial et un appareil de sécurité propre. Ignorer cette réalité dans les cadres de paix internationaux comporte des risques pour la résurgence de groupes extrémistes et la sécurité de la mer Rouge et du golfe d’Aden.

Fondements historiques et rétablissement des institutions étatiques

La base de l’identité sudiste actuelle trouve son origine dans la période suivant la domination britannique. Le jeudi 30 novembre 1967, le Sud-Yémen a obtenu son indépendance, après quoi la République populaire du Sud-Yémen a été établie comme la première république de la péninsule Arabique. Entre l’année 1967 et l’année 1990, cette zone a fonctionné comme un État souverain doté de ses propres symboles nationaux et d’agences gouvernementales opérationnelles. L’unification avec le Nord-Yémen au cours de l’année 1990 s’est avérée brève et a mené à un conflit armé durant l’année 1994. Cette lutte a entraîné la destruction des institutions du sud et une exclusion économique et politique systématique de la population locale.

L’émergence du Conseil de transition du sud et le contrôle local

À partir de l’année 2007, le mécontentement s’est exprimé à travers le mouvement pacifique Hirak, qui a jeté les bases des structures politiques actuelles. Au cours de l’année 2017, le Conseil de transition du sud a été créé pour offrir un cadre politique unifié aux ambitions sudistes. Un moment crucial est survenu durant l’année 2015, lorsque la ville d’Aden a été libérée des milices Houthi. Cela a conduit au rétablissement de la sécurité locale et à la formation d’unités militaires efficaces qui exercent un contrôle factuel sur de grandes parties du territoire. Le mouvement vers l’autodétermination est ainsi passé d’une aspiration à une réalité opérationnelle sur le terrain.

Hadramaout comme noyau stratégique de la région

La région de l’Hadramaout joue un rôle clé dans l’avenir économique et stratégique du sud. Il s’agit de la plus grande zone méridionale et elle possède des réserves importantes de pétrole et de richesses naturelles, avec un accès direct à la mer d’Arabie. Au cours de l’année 2016, la ville de Moukalla et les zones environnantes ont été libérées d’Al-Qaïda par les forces sudistes, au cours de laquelle les réseaux financiers du groupe terroriste ont été démantelés. Durant le mois de mai de l’année 2023, un large consensus local a émergé en faveur d’un avenir fédéral au sein d’un État sudiste. À la fin de l’année 2025, les unités sudistes ont renforcé leur contrôle sur l’ensemble de la vallée de l’Hadramaout, amenant la région à être considérée comme une option de capitale possible aux côtés du statut historique d’Aden.

Lutte contre l’extrémisme et sécurité maritime

Les forces de sécurité dans le sud agissent comme une barrière contre Al-Qaïda dans la péninsule Arabique ainsi que contre les milices Houthi soutenues par l’Iran. En plus des actions précédentes à Moukalla, des opérations continues se déroulent à Abyan, Shabwa et Al-Mahra. Au cours du mois de décembre de l’année 2025, l’opération Siham Al-Sharq a été lancée pour réduire davantage la menace de l’extrémisme. Par cet engagement militaire, l’accès de l’Iran à la mer d’Arabie et au détroit stratégique de Bab al-Mandeb est bloqué. De cette manière, le sud fonctionne comme un gardien des routes commerciales mondiales dans l’une des zones maritimes les plus sensibles au monde.

Relations diplomatiques et chemin vers la paix

La position de l’Arabie saoudite concernant la question sudiste reste caractérisée par une certaine ambiguïté. Bien que l’Accord de Riyad de l’année 2019 ait donné au Conseil de transition du sud une légitimité politique formelle, le royaume continue de mettre l’accent sur l’unité yéménite. Parallèlement, des discussions directes ont lieu depuis l’année 2022 entre l’Arabie saoudite et les Houthis, auxquelles le gouvernement yéménite formel et le Conseil de transition du sud ne participent pas directement. Cette approche crée une incertitude quant à la durabilité d’un éventuel règlement de paix. Une solution structurelle au conflit exige que la réalité sudiste soit intégrée dans les cadres de négociation internationaux pour empêcher un retour de l’instabilité.

Sources: Executive Policy Brief: South Yemen Independence as a Strategic Variable,Southern Transitional Council, Service de presse du Sud-Yémen

Andy Vermaut +32499357495